Homélie·07 juin 2026·0 vues·0 j'aime·0 favoris
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Je Suis le Pain Vivant descendu du ciel

Solennité du Saint Sacrement (Fête-Dieu) 2026

La première célébration du Triduum Pascal était l’institution de la Cène du Seigneur le soir de l’entrée de Jésus dans sa Passion.  Jésus donnait en quelque sorte à ses disciples son testament spirituel et la nourriture pour la vie éternelle.  Saint Jean a remplacé l’institution de l’Eucharistie par le lavement des pieds et le grand discours d’adieu des chapitre 13 à 17 de son Évangile.

 

Par contre, le texte que nous venons d’entendre provient du chapitre 6 de Saint Jean, au tout début de la vie publique de Jésus.  C’est après la première multiplication des pains.  Saint Jean précise le lieu et la date de cet événement :

    Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée, le lac de Tibériade.

Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche. (Jn 6,1.4)

 

On peut comprendre que les repas présidés par Jésus, avec ou sans multiplication des pains pour les convives, ces repas ont profondément marqué les disciples.  C’est ainsi que les disciples d’Emmaüs, reconnurent Jésus ressuscité à la fraction du pain, comme nous le rapporte Saint Luc (Lc 24,18-35).

 

Le Discours sur le Pain de Vie, dont nous venons d’entendre un extrait, est assez proche des paroles de l’institution de l’Eucharistie des Évangiles Synoptiques.  Cela veut dire que Jésus savait très bien qui Il est, pourquoi Il est venu, et comment perpétuer son message, sa vie et son œuvre, spirituellement.  Même si seul Saint Jean et seulement en une seule séquence de son Évangile rapporte un ‘Discours sur le Pain de Vie’, on peut penser que Jésus en a parlé à plusieurs reprises avec ses disciples.  C’est pourquoi Pierre peut affirmer à Jésus à la fin de la controverse avec les foules de Capharnaüm :

Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.

Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. (Jn 6,68)

 

Et les disciples avaient compris, eux, les affirmations de Jésus.  Chaque fois qu’il disait : Moi, je suis… c’était toujours pour affirmer sa divinité.  Et cela rappelait avec force l’expression de Dieu dans le Livre de l’Exode, lorsqu’Il se fit connaître à Moïse dans le Buisson Ardent : Je suis celui qui suis (Ex 3,14).  C’est pourquoi nous avons entendu au tout début de la péricope évangélique de ce matin :

JE SUIS le pain vivant descendu du ciel :

celui qui mange de ce pain vivra éternellement.

 

Et, par trois fois dans le bref extrait que nous venons d’entendre, Jésus affirme :

Celui qui mange ma chair et boit mon sang…

Et encore :

Celui qui me mangera vivra par moi.

  

Jésus, dans sa vie quotidienne, passait facilement de l’enseignement au repas, de la Parole à la fraction du pain.  Le fait que l’expression :

Il prit le pain, il le bénit, le rompit et le donna à ses disciples,

 

se trouve à plusieurs reprises dans les Évangiles en est un signe.  On peut imaginer que, lorsque Jésus était invité pour un repas avec ses disciples, il était l’hôte de marque.  Et, en tant que Rabbi, il était invité à bénir la table et à rompre le pain.  Ce rite que ses disciples connaissaient bien, Jésus le transforma.  Il lui donna une autre dimension, sa dimension définitive et permanente, lors de la célébration de la Cène le soir de son arrestation, la veille de sa mort. 

 

Et ainsi encore, les paroles de Jésus dans l’Évangile de ce jour :

        si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme,

et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous.

 

Ces paroles prennent tout leur sens dans les paroles du dernier repas de Jésus la veille de sa mort : 

Prenez, mangez : ceci est mon corps.

Buvez-en tous, car ceci est mon sang.  (Mt 26,26…28)

 

La célébration de la fête du Saint Sacrement veut mettre en valeur la puissance de l’Eucharistie.  La célébration de la Sainte Cène le Jeudi Saint nous préparait solennellement au Triduum Pascal.  La célébration de ce Jour rappelle que partager le Corps et le Sang de Jésus en chaque Eucharistie nous nourrit en vie éternelle.  Entrons en cette Eucharistie avec gratitude et prenons le temps, cet après-midi, d’adorer le Corps Très Saint de Jésus qui sera exposé jusqu’au soir. 

 

Le Seigneur est bon qui nous invite à participer à son Repas pour entrer en pleine communion dans son Corps qu’est l’Église.

 Père Bernard-Marie