Mémoire du Mont

Histoire

« Voici que j’ai fui loin du monde et que j’ai établi ma demeure dans la solitude. »

Constructions et reconstructions

Le monastère du Mont des Cats comme de nombreux hauts-lieux spirituels a connu une histoire mouvementée au cours des quatre derniers siècles.


1690 - 1826 : L'évolution des bâtiments du temps des Antonins

1829 - 1845 : Le premier monastère

1834 : Les deux cloches de l'église

1833 : L'Auberge du Mont des Cats

1847 - 1870 : Les constructions sous Dom Dominique Lacaes

1830 - 1870 : La première église abbatiale

1839 : L'école du Mont des Cats

1847 : L'église Saint Constance - Saint Bernard

1847 : L'hôtellerie

1847 : La brasserie

1848 : La fromagerie et la forge

1857 : La chapelle de la Passion

1870 : Agrandissement de la fromagerie et de la brasserie

1870 : Agrandissement de l’Église Saint Constance

1875 : Reconstruction de l’hôtellerie

1875 : Le mur de clôture

1883 : Nouvel agrandissement de la fromagerie

1889 : La fromagerie et la brasserie se développent

1890 : Le nouveau mur de clôture longeant la route de Godewaersvelde

1891 : Démolition des bâtiments des ateliers anciens

1891 : La première pierre de l'aile Nord

1892 : Le monastère proprement dit est terminé et occupé

1893 : La première pierre de l’Église abbatiale

1894 : Bénédiction de la nouvelle Église

1895 : Nouvel agrandissement de la brasserie

1896 : Le mur de clôture côté Sud








Le bâtiment des Antonins et les premiers agrandissements (1826-1829).

Du premier ermitage des Antonins, sur le versant de Berthen du Mont des Cats, nous n'avons aucune trace. On peut penser qu'il se trouvait dans le "bois de l'ermitage" qui se trouve sur le versant Est du Mont des Cats, en contre-bas de la Chapelle de la Passion. Le second couvent fut construit vers 1690. Il était situé quelques centaines de mètres plus à l'Ouest par rapport au premier lieu, toujours sur le plateau du Mont mais sur la paroisse voisine.

De celui-ci non plus, nous n'avons pas trace.

 

Antonins, 1773

Plan cadastral de 1773, le couvent des Antonins

 

Vers 1720, l'insuffisance des bâtiments, et leur vétusté grandissante, obligea les Frères à reconstruire leur ermitage. Comme c'était une affaire de grande importance, qui dépassait notablement leurs ressources, ils obtinrent, en 1725, l'autorisation de vendre une partie de leurs biens et d'avoir recours à la générosité du clergé et des fidèles. Ils furent, malgré cette générosité, dans la gêne pendant de longues années. Les Frères, les pensionnaires et quelques personnes amies étaient inhumées dans le cimetière du couvent, béni en 1777. Ce cimetière se trouvait autour d'une croix, placée sur un monticule "à une hauteur de quarante pieds". La croix dominait la contrée car elle se trouvait presque au sommet du Mont.

 

Antonins, 1809

Plan cadastral de 1809, le couvent des Antonins

 

En 1792, il y avait encore des Ermites sur le Mont des Cats. Les Frères n'ont pas prêté le Serment, et le couvent fut supprimé comme beaucoup d'autres. La chapelle fut spoliée, et l'argenterie fut envoyée à la Monnaie de Lille. Les autres biens que les frères possédaient "furent vendus nationalement an V et VI" : au total 52 mesures 2 quintaux. Les bâtiments furent en grande partie démolis. Monsieur Nicolas Ruyssen acheta en 1819 ce qui restait de ces bâtiments.

 

Le bâtiment des Antonins, face Sud, offert par Nicolas Ruyssen aux moines

 

Le corps du bâtiment semble dater de 1725, mais était à l’état d’abandon depuis de longues années. Monsieur Ruyssen réhabilita la construction, et commença par y habiter lui-même. Il offrit les bâtiments aux frères des écoles chrétiennes, qui y installèrent un pensionnat pour les enfants pauvres. L’école compta, en 1822-23, une centaine d’élèves. On ne sait pas pour quelles raisons les frères des écoles chrétiennes abandonnèrent leur école sur le Mont des Cats. Après avoir proposé le bien immobilier à d'autres religieux, Monsieur Ruyssen s'adressa à l'abbé du Gard qui accepta d'y faire une fondation.

 

E56 Le batiment des Antonins face Nord

Le bâtiment des Antonins face Nord, dessin de Père Eugène Arnould

 


Le batiment cote nord 1828Le batiment des Antonins, façade Nord, dessin vers 1830

 

 

Dans la donation faite aux moines, il y avait la condition d’assurer l’entretien d’une école primaire. En contrepartie, Monsieur Ruyssen donnait la maison, le mobilier, quelques arpents de terre inculte et un terrain boisé. Le tout sans revenus…

La construction comprenait un bâtiment long de 65 mètres sur 6 mètres 50, avec à chaque extrémité un bâtiment formant marteau. Dans ce bâtiment, il y avait, à l’étage, les cellules des pensionnaires, au rez-de-chaussée la chapelle, les classes des Frères et les appartements de Monsieur Ruyssen. Une cour garnie de tilleuls et un jardin potager complétaient la maison.

 


E128 Nicolas Ruyssen

Nicolas Ruyssen, dessin de P. Eugène

 

Lorsque les premiers moines arrivèrent, ils durent s’installer dans ces bâtiments. Ils aménagèrent le dortoir dans les greniers, ce qui ne les mettait pas à l’abri du vent, du froid et de la neige en hiver, de la chaleur en été. Monsieur Ruyssen s’étant installé dans une petite chaumière au bas du Mont, ils purent utiliser ses anciens appartements.

 

La dispositions des locaux dans le batiment façade sud 1828

 

0 Dominique Lacaes (bureau)

Le premier Père Abbé, Dom Dominique Lacaes dans son bureau

 

Le batiment cote nord 1828 2La disposition des locaux sur la façade nord 1828

 

entree vers 1830L'entrée du monastère vers 1828

 


E13 Moine in cloître

Moine dans le cloitre-couloir du premier bâtiment

 

Dans le jardin potager, les moines trouvèrent quelques arbres fruitiers, des poireaux, des salsifis et une petite provision de pommes de terre rouges.

Les constructions s’imposèrent dès l’arrivée des moines. Il fallut d’abord construire une citerne pour collecter les eaux de pluie. Autrement, les frères étaient obligés de descendre la colline pour récolter l’eau qui ruisselait d’une petite source. On construisit rapidement un prolongement au corps du bâtiment, avec les ateliers (buanderie, boulangerie, stockage du bois) et un réfectoire pour les domestiques. Ce bâtiment n'avait pas d'étage et était très modeste. On construisit encore une écurie et une grange, un peu à l'écart.

 

Agrandissement facade sud 1828-1829

 

Il fallut également aménager un petit "quartier des hôtes", à l'autre extrémité du bâtiment des Antonins. On y transporta d'abord une petite maison en bois. Celle-ci, qui se trouvait à l'origine à côté du moulin dit le "steenmeul" fut simplement déplacée… 30 personnes furent nécessaires pour la transporter sans la démonter !

 

Ces travaux eurent lieu entre 1826 et 1829. Nous n'avons pas de souvenirs photographiques de cette première hôtellerie, ni de la grange ou de l'écurie.