Homélie·08 mars 2026·0 vues·0 j'aime·0 favoris
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La Samaritaine.

Troisième Dimanche de Carême

En cette année liturgique A, nous entendons, pour les trois dimanches de Carême qui viennent, les trois grands chapitres de l’Évangile selon Saint Jean : la Samaritaine, l’aveugle de naissance, la résurrection de Lazare. Ces trois Évangiles sont comme une grande catéchèse que Saint Jean met dans la bouche de Jésus et qui marquent pour l’Église, les dernières étapes de la préparation des catéchumènes à leur baptême durant la veillée pascale. Nous ne célébrons pas de baptême chez nous, mais nous communions de tout cœur avec tant et tant de jeunes et moins jeunes qui, partout en France, vont faire le pas d’intégrer l’Église pour suivre le Christ de plus près.
Aujourd’hui Jésus nous dit à nous aussi : J’ai soif. Non pas la soif de l’eau du puits, puisqu’il peut nous donner de l’eau vive qui étanchera notre soif. Mais de quelle soif Jésus veut-il parler ? Il pose la question : va chercher ton mari. Par sa réponse claire et honnête, la Samaritaine reconnaît qu’elle a soif d’amour, mais qu’elle ne l’a pas trouvé puisqu’elle n’arrête pas de changer de mari. Jésus ne la condamne pas, bien plus, Il lui pardonne, et lui propose un cheminement plus profond qui va, cette fois, étancher cette soif. C’est l’amour de Dieu, l’adoration du Père, la reconnaissance que Jésus est le Messie.
Dimanche prochain nous entendrons l’Évangile de l’aveugle de naissance, avec la question des disciples : qui a péché, lui ou ses parents ? La maladie n’est pas une punition pour quelque péché que ce soit. Dieu ne nous punit pas par les malheurs qui peuvent nous tomber dessus. Mais la maladie, comme la bonne santé, sont le chemin par lequel nous sommes invités à avancer dans notre relation à Dieu. Nous sommes invités à ouvrir les yeux pour voir l’intervention miséricordieuse de Dieu dans notre vie. C’est un appel à la conversion du regard, mais surtout du cœur, pour découvrir toujours mieux combien Dieu nous aime et nous accompagne. Lorsque nous pleurons, Dieu pleure avec nous, lorsque nous sommes joyeux, Dieu est heureux avec nous.
Enfin, le dimanche suivant nous entendrons l’Évangile de la résurrection de Lazare. Jésus affirme à Marthe : Je suis la résurrection et la vie. Qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. Et Marthe répond : Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. La liturgie nous prépare ainsi à la résurrection de Jésus lui-même qui adviendra le Jour de Pâques, après que nous aurons célébré les Rameaux et la Semaine de la Passion.
Ces trois dimanches successifs proposent aux catéchumènes les fondements de notre foi : Jésus a soif de notre amour, Jésus nous pardonne nos péchés pour entrer en vraie communion avec lui dès cette vie, Jésus nous invite à persévérer dans cet amour pour nous inviter à ressusciter avec lui. C’est pourquoi, au cinquième Dimanche du Carême, la prière d’ouverture de la messe, lorsqu’il y a des catéchumènes, nous fait demander à Dieu :
Donne, Seigneur, à ceux que tu as appelés au baptême
La connaissance des mystères du salut,
Pour qu’ils puissent renaître de l’eau et de l’Esprit
Et fassent partie de ton Église.
Davantage encore que l’an dernier, le nombre des baptêmes à Pâques dépasserait les 20 000 personnes cette année. C’est certainement une réponse à l’appel de Jésus à la Samaritaine : J’ai soif. Eux aussi ont soif… Et ils ont reconnu en Jésus Celui qui peut étancher leur soif. Comment répondons-nous à ces vagues de conversions, afin que tous ces jeunes trouvent leur place dans l’Église et dans une communauté chrétienne.
Notre tâche, en tant que moines contemplatifs, est de rendre grâces à Dieu pour ces nouveaux croyants, et de prier pour leur persévérance. Ils pourront donner un nouveau souffle à l’Église et témoigner de leur joie de croire en Jésus.
Demandons à Dieu, à Jésus, en cette Eucharistie, que chacun de nous croisse en sainteté et en amour de Dieu et de notre prochain. Et, le jour de Pâques, nous pourrons jubiler avec les nouveaux baptisés et proclamer haut et fort que Jésus notre Seigneur est vraiment ressuscité.
                                  Père Bernard-Marie