Un homme avait deux fils.
Chers amis, vous avez fait un pèlerinage de nuit pour vous retrouver ce matin ici, au sommet du Mont des Cats pour prier avec les moines l’office des Laudes et l’Eucharistie.
Vos méditations de la nuit tournaient autour de la vocation. Il y a beaucoup de vocations, diverses et variées. La vie religieuse, la vie consacrée, la prêtrise, sont les premières vocations auxquelles on pense. Mais le mariage aussi est une vocation, comme le choix d’un métier, comme la décision d’aller habiter au loin ou de donner un an de sa vie pour une bonne œuvre.
Méditer toute la nuit, venir prier avec nous, moines, est votre manière de vous poser les questions vitales telles que celles-ci :
Comment Dieu peut-il vous aider à avancer dans votre vie ?
Comment Dieu peut-il vous aider à trouver où vous pourrez le mieux, avec Son aide, faire fructifier les dons reçus.
Dans l’Évangile, nous avons entendu la grande parabole que l’on appelle communément la parabole du fils prodigue. Mais on pourrait aussi l’appeler la parabole du fils aîné, ou encore, la parabole du Père très aimant. Le fils aîné se présente comme un modèle de fidélité et d’obéissance, mais il jalouse son frère qui a osé partir et pécher. Le plus jeune, confesse ses torts, et demande pardon. Le père, lui, n’a rien fait, il a attendu. N’a-t-il vraiment rien fait ? Il a tout le temps espéré, il a prié pour ses deux fils. Et il a été exaucé.
Chacun de nous, qui sommes ici rassemblés, nous sommes apparentés à chacun des deux fils. Faire la volonté du père ou pécher, nous avons les deux tendances dans notre cœur. Mais, comme le père, il y en a qui prient, comme nous moines, pour demander pardon de nos fautes, mais également pour demander la miséricorde de Dieu sur le monde entier. Comme nous le rappelait le prophète Michée dans la première lecture.
Le rôle des moines, des contemplatifs, de la prière, ce rôle est mystérieux. On peut nous demander pourquoi nous nous enfermons pour prier, alors qu’il y a tellement de choses à faire dans le monde. L’attente est grande de nombre de personnes, qu’elles soient démunies, à la recherche d’une aide, d’une parole, d’un geste… L’aide à apporter à notre prochain dépasse souvent l’entendement. Et nous sommes tellement démunis parfois. On peut alors se demander à quoi servent les communautés contemplatives, s’il manque tellement d’ouvriers pour la moisson du Seigneur.
Mais, pendant que les hommes travaillent sur le pont, les moines, eux, en fond de cale, invisibles, prient pour que le bateau avance paisiblement à travers les flots agités du monde. La prière est nécessaire, indispensable, pour demander à Dieu de conduire le bateau afin que le monde avance vers sa fin, la rencontre avec Dieu et tous les saints. Si la prière n’avait aucune utilité pour l’Église et le monde, l’abbaye du Mont des Cats ne célébrerait pas ses 200 ans de fidélité à Dieu cette année.
Demandons à Dieu, dans cette Eucharistie, de vous bénir, vous qui avez fait ce pèlerinage vers le Mont des Cats, à la recherche de Dieu, réfléchissant peut-être sur votre avenir, sur le sens de la vie, l’importance de la prière. Croyons que, moines et chrétiens dans le monde, nous avons besoin les uns des autres pour que le monde se convertisse et découvre combien il est bon de répondre à l’amour de Dieu sur nous.
Père Bernard-Marie
