Homélie·18 février 2026·0 vues·1 j'aime·0 favoris
← Retour

Revenez à moi de tout votre cœur…

Début du Carême 2026

Convertissez-vous, revenez à moi… Ce sont les maîtres mots de ce premier jour du Carême, ce jour où nous célébrons notre petitesse, où on nous rappelle que nous sommes poussière et cendre, et que nous retournerons à la poussière. C’est tout un programme, et il ne devra pas s’arrêter à la fin du Carême.
Dans un de ses Sermons du Carême, Saint Bernard se demande comment nous pouvons revenir vers Dieu, comment nous convertir à Lui. En effet, Dieu est partout, au plus haut des cieux, dans le fond des abîmes, à droite, à gauche. Partout Dieu est présent. Mais nous, sommes-nous présents à Dieu ? Voilà la question du Jour.
Déchirez votre cœur et non vos vêtements, nous demande encore le prophète Joël. Nos vêtements sont la face extérieure de notre vie, l’habit monastique pour nous moines. Inutile de déchirer notre extérieur, c’est à l’intérieur que nous devons nous convertir. Dieu est présent en nous, comme Il l’est autour de nous. Si notre cœur est de pierre et non de chair, Dieu ne peut rien faire pour nous aider à grandir en sainteté. Il ne peut non plus se déployer dans notre cœur si celui-ci est occupé de choses terrestres et caduques.
Le Carême, est pour nous un moment propice de nous ressaisir pour nous re-tourner vers le Seigneur, pour nous convertir à nouveau au Seigneur et pour pratiquer sa Loi d’amour. Saint Jean Cassien, dans la première Conférence de l’abbé Moïse, fait dire à celui-ci quels sont « le but et la fin du moine ». Le but c’est la pureté du cœur. La prière avec larmes, les jeûnes, la lectio divina et les autres formes de pénitences, nous permettent d’atteindre ce but. Et la fin du moine, c’est la vie éternelle. Et Abba Moïse rappelle cette parole de l’Apôtre :
vous récoltez ce qui mène à la sainteté, et cela aboutit à la vie éternelle (Rm 6,22).
Saint Benoît aussi, dans sa Règle, nous invite à vivre le Carême d’une façon digne du Seigneur, en nous convertissant à lui, en nous retournant vers lui, en nous rappelant que c’est Lui qui nous aime et qu’il attend une réponse claire de notre reconnaissance. C’est ainsi que Saint Benoît nous demande de nous adonner à la prière avec larmes, à la lecture, à la componction du cœur et à l’abstinence, de manière plus insistante durant le Carême, pour effacer durant ce temps les négligences des autres temps.
Demandons au Seigneur, en ce premier jour de jeûne, de nous aider à conformer notre vie à notre vocation. Ainsi, en reprenant encore Saint Benoît, nous pourrons attendre la sainte Pâques dans la joie du désir spirituel.
                                          Père Bernard-Marie