Lorsque Moïse descendit de la Montagne du Sinaï, il avait en mains les tables de la Loi, écrite du doigt de Dieu. Sur ces tables, les dix Paroles, la base de toute la Loi telle que les Prophètes de l’Ancien Testament allaient l’expliciter au long des âges, jusqu’au dernier des prophètes, Jean le Baptiste.
La Loi de Moïse était une loi de prescriptions, mais surtout d’interdits. C’est pourquoi le Baptiste proclamait un baptême de demande de pardon pour les péchés, en vue d’accueillir le Règne de Dieu.
Jésus, lorsqu’il commence sa vie publique, enseigne une autre vérité que celle que professaient les scribes et les pharisiens de son temps. C’est ce que nous venons d’entendre avec les Béatitudes. Saint Paul dans sa lettre aux Romains, exprime la même différence entre la Loi de Moïse et l’enseignement de Jésus :
La Loi dit : Tu ne commettras pas d’adultère, tu ne commettras pas de meurtre,
tu ne commettras pas de vol, tu ne convoiteras pas.
Ces commandements et tous les autres se résument dans cette parole :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
L’amour ne fait rien de mal au prochain.
Donc, le plein accomplissement de la Loi, c’est l’amour. (Rm 13,9-10)
Saint Paul commence par rappeler la Loi, mais en insistant sur les interdits. Ensuite seulement, il résume la Loi en cette double sentence que nous retrouvons en deux épisodes dans les Évangiles :
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur,
de toute ton âme, de toutes tes forces,
et tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Et Saint Paul de conclure : Le plein accomplissement de la Loi, c’est l’amour.
Cet enseignement de Paul s’enracine directement dans celui de Jésus que nous venons d’entendre : les béatitudes.
Heureux, Heureux, Heureux, …
C’est une manière positive de voir la vie, de voir la religion. Non pas que nous sommes autorisés à faire n’importe quoi… Mais Dieu ne nous impose pas une multitude d’interdits. Il nous demande seulement de L’aimer, et d’aimer notre prochain. Tout le reste en découle. Et alors, oui, nous serons heureux, même dans les contrariétés.
En effet, les béatitudes ne décrivent pas un monde tout rose, où tout se passe bien. Les deux dernières béatitudes sont en effet inquiétantes :
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice…
Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute…
Jésus nous promet quand même le bonheur. Mais ce n’est pas le bonheur terrestre, mondain, c’est l’assurance que Dieu ne nous abandonne pas et qu’Il nous ouvrira toutes grandes les portes du Paradis :
le Royaume des cieux est à eux !
votre récompense sera grande dans les cieux !
Avançons, confiants, sur les chemins de la Vie. Jésus ne nous abandonne pas si nous L’écoutons, si nous marchons sur ses pas. Il a vécu les Béatitudes jusqu’à sa mort ignominieuse sur la croix. Mais Il a vaincu par son obéissance, et a rouvert les portes des cieux. Grâce à sa victoire, nous serons vainqueurs à notre tour en vivant selon ses enseignements.
Que la participation à cette Eucharistie nous aide à vivre les Béatitudes au quotidien et à nous préparer ainsi à recevoir en héritage le bonheur de participer au Royaume des Cieux et de voir Dieu en présence de tous les saints.
