Homélie·26 janvier 2026·0 vues·0 j'aime·0 favoris
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Méditation pour les 200 ans

Office du Milieu du Jour

Ouverture de l’année Jubilaire de fondation du Mont des Cats.
D’Hier à Demain.
Les premiers frères, envoyés par l’abbaye Notre-Dame du Gard, près d’Amiens, arrivèrent au Mont des Cats le 19 janvier. Ils étaient six, conduits par Père Olympiade, cellérier du Gard. Leur supérieur nommé, Père Marie-Joseph, jusqu’alors aumônier à l’abbaye de Soleilmont, n’arrive que le 25, et inaugure la vie cistercienne le lendemain par une messe solennelle avec les frères et quelques habitants du lieu venus pour l’occasion. Ils étaient donc sept, et les débuts furent rudes.
La pauvreté du lieu, l’exiguïté des bâtiments, l’obligation d’assurer l’enseignement des enfants du voisinage, ne facilitèrent pas la vie contemplative. En dix ans, la communauté connut 6 Prieurs titulaires successifs. Sans parler de la crise qui provoqua le départ de plusieurs frères, dont certains allèrent fonder l’abbaye de Saint Sixte près de Poperinge, à km d’ici.
Il y eut quand même des périodes de gloire, qui confirmèrent que les moines trappistes étaient à leur place sur le Mont. Ainsi l’arrivée en communauté du frère Sébastien Wyart, ancien Zouave pontifical, qui fut envoyé trouver un refuge à Tilburg aux Pays-Bas en 1880. Une fois élu abbé, il fut appelé à Rome pour fonder une communauté près des Catacombes de Saint Callixte, maintenant sise à Frattocchie. Quelques années plus tard il fut élu abbé de Sept-Fons et, en 1892, il devint le premier abbé général de notre Ordre des Cisterciens Trappistes.
Autre fait glorieux, la construction à cette même époque de la nouvelle abbaye qui, malheureusement, subit les foudres de la première guerre mondiale puis, dans une moindre mesure, quelques dégâts durant la seconde. Dans les années 1945-55 les vocations affluèrent. Cela permit à la communauté de partir fonder Maromby à Madagascar, en 1958. Dans les décennies suivantes, plusieurs moines issus du Mont des Cats devinrent abbé dans d’autres communautés de l’Ordre. Enfin, Dom André Louf marqua de son empreinte notre communauté durant plus de 30 années d’abbatiat. Il influença également l’Ordre Trappiste et l’Église, par ses enseignements. Dès son premier livre Seigneur, apprends-nous à prier, il partageait sa spiritualité au plus grand nombre. D’autres livres suivirent, insistant à temps et à contretemps sur l’amour de Dieu pour nous et nous invitant à répondre à Son amour.
Depuis la démission de Dom André en 1997, la grandeur de l’abbaye se contente d’être un haut lieu, au sommet du Mont des Cats. La gloire est passée, mais la vie monastique continue, paisible et fraternelle. Nous continuons à accueillir les personnes voulant faire un temps de ressourcement ou simplement venir partager notre prière.
L’avenir peut paraitre sombre, comme pour nombre d’autres communautés dans les pays d’Occident, faute de vocations. Beaucoup de monastères et communautés religieuses se demandent comment continuer à habiter des lieux devenus trop grands. D’autres envisagent de déménager ou de fusionner pour aller vivre avec ailleurs. Reste alors la question lancinante du devenir des bâtiments.
Nous essayons, quant à nous, de vivre sereinement dans le lieu où Dieu nous a appelés, en l’adaptant à un plus petit nombre, tout en laissant le moins possible de lieux inoccupés, vides et non entretenus.
Les témoignages qui nous arrivent de toutes parts confirment que, pour le Diocèse et tant d’autres personnes, les moines sur le Mont sont le phare qui éclaire le monde. Mais, pour pouvoir continuer à assurer ce service au nom de Dieu, nous avons besoin de vocations. Nous ne nous décourageons pas pour autant… la communauté en 1826 ne comptait que sept membres, nous sommes actuellement vingt, grâce à la présence de cinq frères de notre fondation de Maromby.
Rendons grâces à Dieu pour les 200 ans de présence. Prions le Seigneur qu’il nous envoie les vocations dont nous avons besoin, pour continuer à rayonner spirituellement depuis notre belvédère, sur l’ensemble du territoire qui nous entoure, et plus loin. Rendons grâces également pour tant de personnes qui nous portent dans leur prière et qui comptent sur la nôtre.
Que Dieu nous bénisse et nous garde, afin de continuer à veiller et prier pour l’Église et le monde.
                     Père Bernard-Marie