Homélie·08 décembre 2025·0 vues·0 j'aime·0 favoris
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Adam et Ève et Jésus et Marie

Solennité Immaculée Conception de Marie 2025

Depuis la nuit des temps, l’homme, dès qu’il a eu conscience d’être doué de raison, a cherché la réponse à ces questions fondamentales : qui suis-je, d’où est-ce que je viens, pourquoi suis-je ici, où vais-je ? Ou encore : pourquoi suis-je vivant, qu’y a-t-il après la mort ? Ces questions existentielles, toute les cultures, toutes les religions ont essayé d’y répondre.
À un moment et en des circonstances que nous ne connaissons pas, Dieu lui-même est intervenu dans le Peuple d’Israël, pour dire : je suis Dieu. Et plus précisément : je suis le Dieu, créateur du ciel et de la terre, et il n’y en a pas d’autre.
Le Peuple crut en cette parole, et adapta le mythe de la création et du Paradis terrestre, pour décrire comment le Dieu du ciel et de la terre se promenait dans la brise du soir et conversait paisiblement avec Adam et Ève.
Mais le bonheur ne dura pas, suite au péché de l’homme et de la femme. Ici encore, nous ne savons pas ce qui s’est passé… Mais la vie paradisiaque s’est transformée en cauchemar, ou du moins en une vie de souffrances et de dur labeur. C’est ce que tous les hommes ont à vivre, depuis la nuit des temps jusqu’à la fin des temps. C’est ce que nous rapporte le Livre de la Genèse dans le texte que nous n’avons pas entendu, la pénitence infligée à Adam et Ève (Gn 3,16.17).
À la femme, Dieu dit :
Je multiplierai la peine de tes grossesses ;
c’est dans la peine que tu enfanteras des fils.
Et à l’homme, Il dit :
Maudit soit le sol à cause de toi !
C’est dans la peine que tu en tireras ta nourriture, tous les jours de ta vie.
Mais Dieu n’en reste pas là, et le texte de la Genèse se poursuit avec une note positive qui donne tout son sens à la fête de ce jour, puisque Dieu dit au serpent :
Je mettrai une hostilité entre toi et la femme,
entre ta descendance et sa descendance :
celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon.
La victoire reviendra à la femme, et à l’homme. Mais, pour ce faire, Dieu devait trouver une femme, suffisamment pure et sainte, pour être digne de donner naissance au Fils de Dieu. Il fallait qu’elle soit vraiment la Nouvelle Ève, avec qui un jour Dieu pourrait converser à la brise du soir. C’est Marie la Vierge Immaculée qui répondait à tous ces critères… Et elle eut le privilège de pouvoir côtoyer durant toute son enfance le Fils de Dieu qu’elle avait mis au monde.
Nous savons que Jésus conversait familièrement avec Dieu son Père, chaque fois qu’il avait l’occasion de se retirer loin de la foule, souvent une nuit entière. Jésus, le nouvel Adam, Marie la nouvelle Ève, eurent chacun à son niveau à affronter le démon, le serpent des origines, quelque nom qu’on puisse lui donner.
Concernant Marie, l’Apocalypse rapporte comment… (Ap 12,4…16)
le Dragon vint se poster devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l’enfant dès sa naissance. Or, elle mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations, puis elle s’enfuit au désert, loin de la présence du Serpent.
De sa gueule, le Serpent projeta derrière la Femme de l’eau comme un fleuve,
pour qu’elle soit emportée par ce fleuve. Mais la terre vint au secours de la Femme :
la terre ouvrit la bouche et engloutit le fleuve projeté par la gueule du Dragon.
Voilà pour Marie.
Et pour Jésus : tout au long de sa vie publique, le combat entre Jésus et le serpent fit rage. Depuis les tentations après que Jésus eut jeûné et prié 40 jours dans le désert, jusqu’à la dernière tentation lorsque Jésus pendait en croix. À ce moment le diable pensait avoir vaincu définitivement, mais la résurrection de Jésus le fit rapidement déchanter.
Nous savons aujourd'hui que le mal est vaincu, grâce à la victoire de Jésus. Et Marie a eu une part importante dans cette victoire, elle la Nouvelle Ève, qui n’a pas succombé à l’ambition ou à la curiosité comme la première Ève. Marie avait reçu déjà des grâces provenant de la mort de son Fils, pour la rendre innocente dès sa conception. Pour qu’elle soit vraiment la Nouvelle Ève qui resterait fidèle à son Dieu.
Méditons, encore et toujours, combien nous devons à Marie. Demandons à Jésus, par Marie, de devenir à notre tour humbles et disponibles aux appels que Dieu nous adresse. Avec Marie nous pourrons alors répondre à Dieu :
Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta Parole.