L’Epître aux Hébreux, traite longuement de la foi, tant celle des croyants auxquels l’auteur s’adresse, que de nos Pères dans la foi. L’extrait que nous avons entendu en deuxième lecture traite de la foi d’Abraham, qui est proposée en exemple pour notre propre cheminement spirituel.
Les patriarches de l’Ancien Testament, Abraham, Isaac Jacob et leurs descendants, ont chacun fait une expérience particulière avec le Dieu de leurs Pères. Abraham est le modèle de cette expérience forte, qui lui a fait quitter son pays, sa maison, sa parenté, pour se rendre en un pays qu’il ne connaissait pas.
Il y a également la promesse que Dieu fit à Abraham qu’il serait le père d’une multitude, une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et les grains de sable au bord de la mer, innombrables. Mais il était déjà vieux et sa femme Sara était elle aussi âgée. Rappelons également comment le Seigneur mit Abraham à l’épreuve en lui demandant de sacrifier son fils Isaac, son fils unique, le bien-aimé, celui sur qui devait reposer la promesse de Dieu d’une descendance nombreuse. Malgré toutes ces vicissitudes, Saint Paul affirme que
Abraham crut en Dieu et cela lui fut compté comme justice (Rm 4,3).
La foi qui permit au Patriarche Abraham de répondre aux appels de Dieu, est la même qui doit nous animer aujourd'hui dans notre vie de croyants. C’est pourquoi, pour présenter la foi des premiers croyants, l’auteur de l’épître aux Hébreux se réfère à nos patriarches pour nous inviter à aller de l’avant. Elle lui sert de modèle pour développer à notre intention son propos :
Frères, la foi est une façon de posséder ce que l’on espère,
un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas.
Ou, pour le dire en termes contemporains : la foi est une vision de l’âme qui, s’élevant au-dessus du présent, contemple l’invisible. Ensuite, la foi nous invite à agir : elle détermine la volonté, pénètre les affections, décide de la vie, pousse même parfois à faire des sacrifices… C’est ainsi que certains acceptèrent les persécutions, les châtiments, la mort… Cela vaut, tant pour les pères de la foi juive que l’auteur de l’épître nous donne en exemple, que pour les chrétiens à qui il s’adresse, et par ricochet à nous qui entendons ses paroles. Nous pourrions ajouter tous les chrétiens qui acceptèrent de souffrir, même de mourir, pour Jésus.
La foi, dans tous les cas, est une réponse de l’homme à Dieu. La révélation que Dieu fait de Lui-même à l’homme fut progressive, depuis le temps d’Abraham jusqu’à Jésus et depuis Jésus jusqu’à nous. Chaque période a vu s’enrichir la connaissance et la foi de Dieu Créateur, et l’adhésion du croyant comme créature.
Père Bernard-Marie
