Homélie·13 juillet 2025·0 vues·0 j'aime·0 favoris
← Retour

Écoute la voix du Seigneur ton Die

Quinzième Dimanche du Temps 2025

Moïse fait ses adieux au Peuple d’Israël, après l’avoir conduit depuis l’Égypte jusqu’en face de Jéricho, après quarante années au désert. Alors, comme nous l’avons entendu dans la première lecture, Moïse invite le Peuple à suivre le Seigneur son Dieu et à observer sa Loi.
Le Pentateuque, les cinq livres de la Loi, ont été écrits plusieurs siècles après les événements qu’ils racontent. Cela peut expliquer les incohérences, les anachronismes, les approximations, et aussi les exagérations dans les nombres de personnes, de soldats, d’années. Ainsi, à prendre les 9 plaies d’Égypte à la lettre, il n’y aurait plus eu aucun animal, aucun arbre fruitier, aucune culture, et les Hébreux n’auraient plus eu que des filles puisque les enfants mâles devaient être tués à la naissance (Exode 6 à 12).

Lorsque le Peuple écrivit son Histoire Sainte, quelques siècles après les événements, il a enjolivé les choses, pour bien montrer comment le Dieu d’Israël était intervenu en sa faveur. Comment expliquer les haut-faits de Dieu pour son Peuple avec des mots humains ? Pour glorifier ses héros, nous avons toujours tendance à majorer leurs actions, afin de les rendre encore plus merveilleux. Ce que nous faisons pour ceux qu’on admire, le Peuple l’a fait pour son Dieu.

Cela dit, nous avons bien du mal à nous faire une idée de ce que le Seigneur a fait à son Peuple, au point que, jusqu’à aujourd'hui, Juifs et Chrétiens relisent avec dévotion les actions des Patriarches. Il y a eu une expérience spirituelle qui a motivé le Peuple, qui a inspiré les auteurs bibliques, mais nous avons du mal à nous imaginer comment Dieu est intervenu dans leur histoire.
Les Psaumes, à leur manière, expliquent la relation mystérieuse que le Seigneur entama avec le Peuple et qui perdure jusqu’à aujourd'hui. Dieu se fit homme en Jésus-Christ pour consolider, confirmer cette relation d’intimité entre nous, les créatures, et le Créateur. Les expressions sont parfois mystérieuses, parce qu’il est tellement difficile de mettre des mots humains sur une expérience spirituelle. Ainsi par exemple, le Psaume 138 :

Où donc aller, loin de ton souffle ? où m'enfuir, loin de ta face ?
Je gravis les cieux : tu es là ; je descends chez les morts : te voici.
Je prends les ailes de l'aurore et me pose au-delà des mers :
même là, ta main me conduit, ta main droite me saisit. (Ps 138,7-10)

Dieu est partout présent. Pas comme le Père fouettard, mais comme un Père qui aime ses enfants et veille sur eux amoureusement. Les versets suivants de ce même nous fait proclamer :

J'avais dit : « Les ténèbres m'écrasent ! »
mais la nuit devient lumière autour de moi.
Même la ténèbre pour toi n'est pas ténèbre,
et la nuit comme le jour est lumière ! (Ps 138,11-12)

Oui, Dieu est partout. Nous pouvons mettre encore en parallèle le Cantique des Cantiques que notre Père Saint Bernard a commenté en long et en large, comme le chant d’amour de l’âme avec le Seigneur. Le premier verset crie :
Qu’il me baise d’un baiser de sa bouche… (Ct 1,1)

C’est cette relation mystérieuse entre Dieu et chacun de nous, que Jésus est venu nous révéler. La parabole du bon Samaritain que nous avons entendu dans l’Évangile de ce jour est une description de l’amour que nous devons avoir envers notre prochain. Mais l’amour nous vient de Dieu, et Jésus est venu nous dire que Dieu est notre Père et qu’Il nous aime. Le Bon Samaritain, pour nous, c’est aussi Dieu le Père.
Jésus a vécu personnellement cette relation avec son Père, tout au long de sa vie. La prière, la solitude, de jour comme de nuit, lui permettait de rester en complète harmonie avec son Père.
C’est à une telle relation avec Dieu que chacun de nous est invité, pas seulement les moines et les religieux, mais tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté. Il est également difficile, pour beaucoup d’entre nous, d’expliciter cette relation que nous entretenons par notre vie de prière, par la participation à l’eucharistie. Souvent, les oraisons de nos eucharisties nous font demander à Dieu ce dont nous avons besoin pour avancer vers davantage d’intimité avec lui. Ainsi l’oraison sur les Offrandes de ce jour :
Accorde à tes fidèles la grâce d’une sainteté plus grande.

Et, la semaine dernière, nous demandions à Dieu à la fin de la messe :
Fais que nous retirions de cette communion des fruits pour notre salut
et que nous ne sessions jamais de chanter ta louange.

Aujourd'hui, reprenons à notre compte la prière après la communion :
Chaque fois que nous célébrons ce mystère,
fais grandir en nous ton œuvre de salut.

Que Dieu notre Père, par son Fils dans l’Esprit, nous comble de ses grâces après la participation de cette eucharistie comme de toutes les prières que nous Lui adresserons tout au long de notre vie.