Comme nous l’avons entendu dans la première lecture, tirée du Livre des Proverbes, le peuple Hébreu avait conscience que le Dieu créateur du ciel et de la terre n’était pas aussi simple que ne le représentaient les religions environnantes. Comment, sinon, les scribes auraient-ils pu écrire un texte aussi dense :
Avant que les montagnes ne soient fixées, avant les collines, je fus enfantée,
Quand il établissait les cieux, j’étais là,
quand il traçait l’horizon à la surface de l’abîme,…
Et moi, je grandissais à ses côtés.
Je faisais ses délices jour après jour, jouant devant lui à tout moment,
L’auteur de ce texte fait parler la Sagesse, et nous croyons qu’il s’agit de la Sagesse de Dieu, de l’Esprit Saint qui était auprès du Père lorsque le monde fut créé. Dieu Père n’a pas créé le monde tout seul, mais il était inspiré par la Sagesse, par son Esprit Saint.
Lorsque Saint Jean écrit son Évangile, son Prologue complète ces paroles des Proverbes, mais en mettant le Christ Jésus en scène, comme le Verbe de Dieu :
Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu,
et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement auprès de Dieu.
C’est par lui que tout est venu à l’existence,
et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.
En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ;
la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. (Jn 1,1…5)
Et, dans l’extrait du discours de Jésus la veille de sa Passion, que nous avons entendu à l’instant, Jésus nous informe qu’Il enverra l’Esprit qui rappellera aux disciples tout ce qu’Il leur avait enseigné :
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière.
Et encore, en reprenant l’extrait de l’épître de Saint Paul aux Corinthiens, que nous avons entendu jeudi dernier : (2Co 3,17-18)
Le Seigneur, c’est l’Esprit, et là où l’Esprit du Seigneur est présent, là est la liberté.
Nous reflétons la gloire du Seigneur, et nous sommes transformés en son image
avec une gloire de plus en plus grande, par l’action du Seigneur qui est Esprit.
C’est ainsi que, petit à petit, la révélation de la Sainte Trinité s’est imposée aux croyants. Le Livre des Proverbes en faisait l’ébauche, Jésus l’enseigna, les évangiles puis Saint Paul le confirmèrent. Nous avons toujours du mal à imaginer l’Unité et la Trinité de Dieu. Comme nous le proclamerons dans quelques instants dans le Credo, le Père est créateur du ciel et de la terre, le Fils est consubstantiel au Père, de même nature que le Père, et l’Esprit est la personnalisation de cet amour divin et infini qui jaillit entre le Père et le Fils, de toute éternité et pour l’éternité.
Il est bon pour nous, une fois par an, de méditer plus à fond sur le mystère que nous nous rappelons à chaque fois que nous faisons le signe de la croix :
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit.
C’est encore ce que l’oraison d’ouverture de cette eucharistie nous demande :
Dieu notre Père, tu as envoyé dans le monde
ta Parole de vérité et ton Esprit de sainteté
pour révéler aux hommes ton admirable mystère :
donne-nous de professer la vraie foi
en reconnaissant la gloire de l’éternelle Trinité,
en adorant son Unité toute-puissante.
Que le Seigneur Dieu, Père, Fils et Esprit, nous exauce et nous fasse toujours mieux découvrir cet admirable mystère. Que la participation à cette Eucharistie nous y aide.
Père Bernard-Marie
