Homélie·17 avril 2025·0 vues·0 j'aime·0 favoris
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Jeudi Saint 2025

Pour la célébration de la Sainte Cène

L’Évangile selon Saint Jean est formé de deux parties distinctes. La première, avec le Prologue qui présente bien d’où vient Jésus et qui Il est, par ces mots d’une densité très forte :
Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu,
et le Verbe était Dieu.
Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous,
et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique,
plein de grâce et de vérité. (Jn 1,1.14)
C’est le prologue solennel de la vie de Jésus, depuis son baptême par Jean-Baptiste dans le Jourdain, jusqu’aux joutes au Temple de Jérusalem avec les chefs du Peuple.
La deuxième partie commence avec les paroles que nous venons d’entendre :
Sachant que l'heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père,
Jésus, sachant que le Père avait tout remis entre ses mains,…
En débutant cette nouvelle partie de son Évangile de cette manière, Saint Jean veut signifier que Jésus est bien conscient que son Heure est venue. Le Verbe n’est plus seulement venu d’auprès du Père, Il ne s’est pas non plus seulement fait chair, mais, comme l’affirme Saint Jean quelques versets plus loin :
Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout.
On a du mal à imaginer comment Jésus put avoir conscience de sa mort toute proche, et encore faire des gestes significatifs qui continuent à nourrir jusqu’à aujourd'hui la vie de l’Église. D’une part bien sûr l’Institution de l’Eucharistie, que nous rappelons dans chaque eucharistie tout au long de l’année. Mais également ce geste d’une humilité extrême qui consiste à laver les pieds de ses disciples. Lui, le Maître et le Seigneur, Jésus-Christ, le Fils de Dieu, s’est abaissé jusqu’à laver les pieds, comme un esclave. Il a lavé les pieds aussi de Judas, alors qu’il savait qu’il allait être livré aux Juifs par lui. Le pardon que Jésus a voulu marquer par ce geste, Judas ne l’a pas compris.
Pierre par contre, toujours un peu « soupe-au-lait », après avoir refusé, a accepté ce geste d’humilité de son Maître, il Le laisse lui laver les pieds. Lorsqu’ensuite la peur lui fit renier par trois fois connaître Jésus de Nazareth, Pierre eut la chance de croiser le regard de Jésus et, dans ce regard, découvrir l’amour miséricordieux du Fils de Dieu. Et il s’en alla, pleurant toutes les larmes de ses yeux. Mais il savait le pardon accordé.
Même si nous ne pratiquons qu’une fois par an le rite du lavement des pieds, même si l’abbé ne le pratique qu’à quelques moines et hôtes chaque année… prenons conscience du poids spirituel et relationnel qu’il procure. L’humilité se vit ici concrètement, dans ce rite liturgique. La communion entre tous les membres de la communauté se renforce, non seulement dans le rite du lavement des pieds, mais également par le fait de célébrer ensemble, année après année, le Triduum pascal qui est tellement lourd de sens et de communion spirituelle entre nous et avec le Seigneur Jésus qui nous montre jusqu’où Il nous a aimés.
Laissons-nous porter par la liturgie de ces Jours Saints et, le Jour de Pâques, nous serons transformés par ce que nous aurons vécu. Que le Seigneur Jésus nous accompagne et nous comble de ses grâces.
                                                                                                                                 Père Bernard-Marie