Après avoir reçu la Visite de l’ange Gabriel, Marie s’empressa d’aller raconter cette Vision à son fiancé, Joseph. Celui-ci se demanda ce que cela voulait dire.
Dans le même sens, rappelons-nous de la manière de Manoah a réagi lorsque l’ange du Seigneur vint trouver sa femme pour lui annoncer qu’elle mettrait au monde un fils. L’ange du Seigneur vint une seconde fois et confirma à Manoah ce qu’il avait dit à sa femme. Telle fut l’histoire de la conception et de la naissance de Samson (Jg 13,2-25).
L’ange vint donc une seconde fois, non pas auprès de Marie, mais pendant le sommeil de Joseph, pour le rassurer. Joseph n’en demanda pas tant… Tout comme il fera les deux autres fois où l’ange du Seigneur lui parla dans un songe, il s’empressa de faire ce qui lui fut dit : il prit chez lui son épouse Marie, et l’Enfant qu’elle portait. Cela dit, Joseph n’était pas au bout de ses peines, et c’est peu dire…
Saint Matthieu rappelle le voyage à Bethlehem pour le recensement, la naissance de Jésus dans une grotte, la fuite en Égypte, le retour à Nazareth plusieurs mois après. Luc quant à lui rappelle la présentation de Jésus au Temple et les prophéties de Syméon et d’Anne qui ne promettaient pas des jours heureux et paisibles pour le jeune couple.
Arrêtons-nous un instant sur la dernière mention de Saint Joseph dans les Évangiles. C’est l’Évangile que nous avons entendu. Joseph et Marie, angoissés, cherchèrent Jésus pendant trois jours avant de le retrouver dans le Temple. (Lc 2,42-47)
Les trois jours d’angoisse peuvent nous rappeler les trois jours de la marche d’Abraham avec son fils lorsque Dieu lui demanda d’aller sacrifier Isaac sur la Montagne Sainte. Dieu demanda en quelque sorte à Abraham et à Joseph la même souffrance que celle qui fut la Sienne lorsque Jésus passa trois jours dans la tombe, pour descendre jusqu’aux enfers. Reconnaissons que la souffrance dut être extrême pour chacun. Mais ce fut également une grâce de Dieu qui leur demanda de vivre de manière humaine, la souffrance que Dieu Père souffrira au moment de la mort de son propre Fils Bien-Aimé Jésus.
Ensuite, nous n’entendons plus parler de Joseph. Il continua sa vie de charpentier à Nazareth, comme le laissent supposer les questionnements au début de la vie publique de Jésus, que nous rapporte Saint Luc :
N’est-ce pas là le fils de Joseph ? (Lc 4,22)
Plus tard, lors d’un retour dans son pays natal, Matthieu raconte que les gens se posent la même question :
D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles ?
N’est-il pas le fils du charpentier ? (nous connaissons la suite) (Mt 13,55-56)
Saint Joseph trône dans le préau et depuis des générations des frères vont le prier, soit pour qu’il les aide à solutionner des questions économiques, soit pour demander des vocations, soit par dévotion particulière. À plus d’un titre Saint Joseph est un modèle de vie chrétienne, et par ricochet de la vie monastique.
Lorsque l’ange du Seigneur l’appelle, dans son sommeil, Joseph agit immédiatement, il obéit à l’ordre reçu. Il ne pose pas de questions, fait confiance à la Parole, estimant que c’est Dieu qui lui parle. Il pourrait être un modèle pour nous moines, vivant sous une Règle et un abbé. Saint Benoît rappelle que le moine doit obéir, et laisser son travail inachevé, dès qu’il entend l’appel de la cloche ou du supérieur.
La Tradition loue Saint Joseph pour son rôle de père nourricier de Jésus. Il a accompli cette tâche en travaillant de ses mains pour subvenir aux besoins de sa famille. Tout le monde est à la même enseigne. Le travail est une nécessité de la vie, et permet d’assurer notre subsistance. Cela vaut pour tous les hommes, pas seulement dans les familles, mais aussi dans les communautés religieuses, dans les abbayes.
Père Bernard-Marie
