Homélie·09 mars 2025·0 vues·1 j'aime·0 favoris
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Les tentations, la victoire

Les trois textes que la liturgie nous propose pour ce premier dimanche de Carême vont au cœur de notre foi et nous font entrevoir ce que les célébrations jusqu’à Pâques vont nous permettre de revivre.  

La première lecture, tirée du Deutéronome, rappelle la longue Histoire Sainte du peuple de Dieu. 

Mon père était un Araméen vagabond, qui descendit en Égypte…

Et la suite rappelle de manière elliptique la sortie d’Égypte, les quarante ans dans le désert et l’entrée dans la Terre Promise. En souvenir de cette délivrance, le peuple doit se rendre au Temple pour offrir au Seigneur les prémices de la récolte. 

Le désert fut un lieu privilégié d’apprentissage de la relation entre le Seigneur et son peuple. Les quarante ans au désert permirent aux Hébreux de découvrir combien Dieu était proche d’eux et les initiait à une relation filiale et religieuse. Trop souvent ils tombaient dans le péché, ils se rebellaient tant et tant de fois contre leur Dieu. Mais chaque fois le Seigneur montrait sa puissance… et sa miséricorde. 

Jésus, juste avant de commencer sa vie publique, se retira dans le désert pour être seul à seul avec Dieu. Les quarante ans du Peuple, Il voulut les vivre sur quarante jours de préparation intense dans le jeûne et la solitude. C’est alors que le démon s’approche de Jésus. Le démon essaye de faire tomber Jésus, le nouvel Adam, comme il a fait tomber le premier Adam (Gn 3,1-6). 

Alors qu’Adam et Ève succombèrent à la tentation de la gourmandise (le fruit était beau à voir et bon à manger), Jésus répondit au tentateur que le jeûne et la Parole de Dieu sont également nourriture pour l’homme.

Alors qu’Adam et Ève succombèrent à la tentation de puissance (vous serez comme des dieux), Jésus refuse d’adorer quiconque sauf Dieu son Père.

Alors qu’Adam et Ève succombèrent enfin à la tentation d’être immortels (vous ne mourrez pas), Jésus renvoya le tentateur en lui assénant une dernière parole biblique : Tu ne mettras pas le Seigneur ton Dieu à l’épreuve. 

Et l’évangéliste de conclure :

Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations,

le démon s'éloigna de Jésus jusqu'au moment fixé.


 

Ce moment fixé, c’est la passion et la mort de Jésus sur la croix. 

 
Depuis la prière de Jésus :

Père éloigne de moi cette coupe (Lc 22,42), au jardin de Gethsémani,



jusqu’aux moqueries des soldats devant Jésus en croix :

Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! (Lc 23,37)


 
Les quarante jours du Carême nous font en quelque sorte revivre l’épreuve de Jésus dans sa vie et sa passion, et à Pâques nous célébrerons sa victoire sur le mal et sur la mort. Nous pourrons alors prendre à notre compte l’affirmation que Saint Paul nous donnait dans la deuxième lecture : 

 

Si tu affirmes de ta bouche que Jésus est Seigneur,

si tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité d'entre les morts,

alors tu seras sauvé.


 

Le carême est pour chacun de nous un chemin de conversion, un temps d’écoute plus attentive de la Parole de Dieu. Par le jeûne et la prière, avec l’aide de Jésus qui a passé par ce chemin avant nous, nous serons à même de tenir tête au démon, l’esprit de mensonge, le diviseur. Avec Jésus nous proclamerons :

 

Tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu,

et c'est lui seul que tu adoreras.