Homélie·09 décembre 2024·0 vues·0 j'aime·0 favoris
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Eve et Marie

Solennité de l'Immaculée Conception de Marie

Lorsque Dieu vint dans le Jardin d’Éden, Il ne trouve plus Adam et Ève se promenant à la brise du soir comme jusque-là. On peut comprendre que le Seigneur pose la question à Adam : où es-tu, qu’as-tu fait ? En effet, depuis que Dieu a installé le jeune couple comme gérants du Jardin, Il prenait plaisir à venir se promener avec eux. Mais voilà que les deux se cachent et fuient le regard amoureux de Dieu. Que s’est-il passé ?
Le serpent était le plus rusé de tous les animaux que Dieu avait créés. Il instilla le doute chez Ève et celle-ci le transmit à son mari. Être comme des Dieux, connaître le bien et le mal, voilà la tentation du prince des ténèbres, le premier péché de l’Histoire Sainte. Adam et Ève se laissèrent convaincre et acquiescèrent au venin qui leur était instillé : être traité à l’égal de Dieu, devenir Dieu, prendre la place de Dieu (cf Saint Bernard Traité de l’Humilité et de l’Orgueil).
Le premier péché dans la création fut le péché d’orgueil de l’ange déchu qui avait ambitionné de prendre la place de Dieu. Lorsqu’il fut chassé des cieux, il usa de toute sa ruse pour que les premiers hommes l’accompagnent dans sa chute vertigineuse. Et les habitants du Jardin d’Éden furent consentants. C’est ainsi que le premier péché d’orgueil fut transmis à tous les humains. Tous nous sommes blessés par la faute de nos premiers parents et nous en subissons sans fin les séquelles. Tous ? Non !
Marie reçut de Dieu cette grâce toute particulière de ne pas avoir contracté la blessure de ce premier péché, ce péché d’orgueil. C’est la fête que nous célébrons en ce jour. De par cette grâce particulière, Marie développa en elle une grande humilité qui prit le contrepied de l’orgueil de la première Ève. Marie qui est invitée à donner naissance au Fils de Dieu, le Roi d’Israël, Dieu-avec-nous ; Marie n’en demeure pas moins à sa place de créature aimée du Père.
Il en va de même pour Joseph son époux. Devant une telle grâce qui est faite à sa fiancée, Joseph ne s’enorgueillit pas, il ne se glorifie pas, il n’exige pas non plus d’être traité à l’égal de Dieu. Non, par une grâce d’humilité qui lui vient de l’exemple de Marie, Joseph se décide – à contrecœur – à s’effacer tout à fait du champ d’action de Dieu. Il s’imagine en effet être un handicap pour l’œuvre que Dieu a décidé de réaliser en Marie et par Marie. Mais Dieu viendra à sa rencontre pour le dissuader de laisser Marie seule dans cette grande aventure. Si Dieu agit en Marie, Dieu souhaite que l’Enfant Jésus ait un père et une mère. Dieu a besoin de Joseph pour mener à bien son projet. Joseph devient ainsi
le protecteur du Fils de Dieu.
Lorsque Dieu créa le ciel et la terre, Il avait regardé Adam accueillir Ève dans le Jardin après s’être écrié : Voici l’os de mes os, la chair de ma chair… (Gn 2,23). Ayant terminé la Création, Dieu vit tout ce qu’il avait fait : cela était très bon, conclut le premier récit de la Création (Gn 1,31).
Après que Joseph fut averti en songe de prendre chez lui Marie son épouse, Dieu vit combien Marie et Joseph étaient heureux ensemble. Dieu se rappela le premier couple, et se réjouit du second. Cette fois, se dit-il, c’est vraiment très bien. Marie et Joseph sont tellement humbles qu’ils obéiront en tout à ma Parole et feront tout pour que mon Fils soit bien entouré.
Avec la Nouvelle Ève, avec son époux Joseph, Dieu est rassuré. Le péché d’orgueil de la première Ève ne se renouvellera pas et le Fils de Dieu apprendra comment vivre sa vie d’homme dans l’humilité de ce foyer exemplaire. Saint Paul affirmera :
Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu,
Il s’anéantit, prenant la condition d’homme,
Il s’est abaissé devenant obéissant jusqu’à la mort sur une croix. (Ph 2,6-8)
En ce jour de la fête de Maire Immaculée, méditons la grâce qui fut la sienne et qui permit à Dieu de naître en son sein. Demandons à Jésus, par Marie, de devenir à notre tour humbles et disponibles aux appels que Dieu nous adresse. Avec Marie nous pourrons alors répondre à Dieu :
Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta Parole.