Homélie·08 décembre 2024·0 vues·0 j'aime·0 favoris
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L'an quinze du règne de l'empereur Tibère.

Deuxième Dimanche de l'Avent 2024

L’Évangile que nous venons d’entendre est tiré du troisième chapitre de Saint Luc. Les deux premiers sont appelés l’Évangile de l’Enfance. Ils racontent les Annonciations et les naissances de Jean-Baptiste et de Jésus. Après avoir raconté ces événements qui frisent le merveilleux, avant d’aborder les événements principaux de l’Histoire du Salut et de la vie publique de Jésus, Luc estime nécessaire de préciser où et quand.
Saint Luc ne fait pas cela autour de la naissance de Jésus, mais au tout début de la vie publique de Jean-Baptiste et de Jésus. Reconnaissons que c’est cela qui nous importe le plus. Les principaux acteurs qui graviteront autour de Jésus jusqu’à sa résurrection sont ainsi nommés : Pilate, Hérode, Philippe, les grands-prêtres Hanne et Caïphe. L’Histoire que Saint Luc se propose de nous rapporter est ainsi bien campée par les événements du monde dans lequel elle se déroulera.
Si l’Eglise nous propose et Evangile en ce deuxième Dimanche de l’Avent, ce n’est pas simplement pour camper les événements concernant Jésus dans l’histoire du monde. Le temps de l’Avent est, pour chacun de nous, le temps de nous préparer à la venue de Jésus et à revivre avec Lui son Histoire Sainte. Non pas seulement la venue du temps de Tibère, Pilate, Hérode, mais la venue de Jésus aussi en notre temps, dans notre histoire. Nous nous rappelons chaque année la venue de Jésus dans la chair jusqu’à sa passion, sa mort et sa résurrection. Parce que grâce à Jésus, le monde est transformé.
Dans la première partie de l’Avent, qui se termine demain lundi, la liturgie nous a invité à prendre conscience que le monde nouveau que nous attendons pour la fin des temps est déjà là dans notre présent. Oui, la Résurrection de Jésus nous a fait passer déjà de notre espace-temps à l’espace sans temps de l’éternité. C’est pour que nous en prenions toujours davantage conscience que, année après année, nous célébrons, nous revivons l’Histoire Sainte du Peuple Élu, l’histoire de Jésus, l’Histoire de l’Église.
Pour pouvoir entrer dans notre temps et dans notre espace, le Fils a dû se faire tout petit, humble créature, dans le sein de la Vierge Marie. Nous avons tellement de mal à réaliser cette grâce infinie, cette vérité incompréhensible d’un Dieu qui se fait petit enfant pour s’approcher de nous, afin de faire de nous des fils de Dieu ! Oui, Dieu s’est fait homme pour nous rouvrir le chemin de notre propre divinisation. C’est ce que la liturgie des derniers jours de l’Avent va nous proposer. Oui, le Fils de Dieu s’est fait petit d’homme pour s’approcher de nous. Comme nous le rappelait le prophète Baruch dans la première lecture :
Le Peuple d’Israël attendait un Sauveur,
« Paix-de-la-justice » et « Gloire-de-la-piété-envers-Dieu »,
qui ramènerait le Peuple dans la Terre de la Promesse et à Jérusalem.
L’attente a été dépassée, surpassée même, au point que les Juifs n’ont pas compris quel Sauveur Dieu leur envoyait, son propre Fils !
Reprenons aussi la prière que Saint Paul adresse aux Philippiens :
dans ma prière, je demande que votre amour vous fasse progresser
de plus en plus dans la pleine connaissance et en toute clairvoyance
pour discerner ce qui est important.
Ainsi, serez-vous purs et irréprochables pour le jour du Christ,
Le Jour du Christ n’est pas seulement le jour de sa naissance, le jour de sa Résurrection, le Jour de son Retour dans la gloire. C’est aussi et surtout la venue de Jésus-Christ dans notre cœur. C’est pour cela que Dieu s’est incarné, pour nous faire entrer dans sa divinité.
En cette Eucharistie, demandons au Seigneur la grâce de l’humilité pour découvrir, toujours davantage, que c’est par ce chemin que nous deviendrons vraiment fils de Dieu, cohéritiers de Jésus, fils dans le Fils.
                                   Père Bernard-Marie