Homélie·27 octobre 2024·0 vues·0 j'aime·0 favoris
← Retour

Je n'ai jamais vu son visage...

Homélie pour le30° Dimanche

En poursuivant la lecture de l’Évangile selon Saint Marc, nous voyons que Jésus monte à Jérusalem où sa vie est mise à prix. Luc, tout comme Marc que nous venons d’entendre, rapporte l’épisode qui a lieu alors que Jésus arrive à Jéricho. Saint Jean nous décrit la guérison de l’aveugle-né (Jn 9) avec l’interprétation de la maladie comme signe d’un péché. Ces deux aveugles, Jésus les loue parce qu’ils ont cru en Lui, alors que ceux qui Le voient ne croient pas.

 

Il y a quelques autres occurrences d’aveugles dans la Bible. En particulier Tobie, le père du jeune Tobit, tombe aveugle et c’est en quelque sorte, une épreuve qui lui vient de Dieu. De même dans l’histoire de Job qui fut tenté par le démon. À la fin du Livre, lorsque Dieu l’interroge, Job reconnaît : C’est par ouï-dire que je te connaissais, mais maintenant mes yeux t’ont vu (Jb 42,5). 

 

En remontant encore plus loin dans les autres Livres de la Bible, nous constatons que souvent Dieu dit que l’homme ne peut voir Dieu sans mourir (Ex 33,20). Rappelons-nous le prophète Elie qui se mit un voile sur le visage pour ne pas voir Dieu (1R 19,13). Ou encore Moïse qui ne vit Dieu que de dos, après qu’il eut passé devant la grotte où il avait caché Moïse (Ex 33,18-23). Et ailleurs, lorsque Moïse avait effectivement vu Dieu Face à face, il se voila le visage, pour le peuple ne voie pas le rayonnement consécutif à la rencontre avec le Seigneur. 

 

Puisque l’homme ne peut pas voir Dieu et vivre, Jésus-Christ, le Fils de Dieu s’est fait homme. Il est venu nous révéler Dieu son Père, la Sainte Trinité. Il est venu nous dire que le Père nous aime et souhaite nous accueillir un jour dans son Royaume au ciel. 

 

Une fois que Jésus est remonté au Ciel le jour de l’Ascension, dans la monde, personne n’a rencontré Jésus personnellement. Mais chacun entend le témoignage des générations précédentes, et se met en route pour rencontrer Jésus dans la prière. Et cette transmission de génération en génération a commencé avec les apôtres qui, eux, ont vu Jésus, ont marché avec lui, ont mangé avec lui. 

 

Le chant que nous avons chanté au début de la messe ne dit pas autre chose, mais avec des mots et des expressions contemporaines. 

 

Je n’ai jamais vu son visage, mais ceux qui le connaissent m’ont parlé de lui ;

depuis ce jour, j’espère son passage, et j’entends qu’il vient, aujourd'hui :

Jésus, notre lumière ! Jésus, notre salut !

Retenus loin de Dieu par l’épaisseur de nos ténèbres…

Habités par l’espérance de la rencontre qui délivre…

 

Jésus ne nous abandonne pas. Même si nous ne voyons pas Jésus face à face, Il reste proche de nous, comme nous le rappelait l’extrait de l’Épître aux Hébreux que nous avons entendu :

 

Le Christ ne s’est pas donné à lui-même la gloire de devenir grand prêtre ;

il l'a reçue de Dieu, qui lui a dit :

‘Tu es mon Fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré’,

car il dit aussi dans un autre psaume :

‘Tu es prêtre de l’ordre de Melkisédek pour l’éternité’.

 

Il est le Grand Prêtre dont nous avons besoin, ce qui est la suite du propos de l’auteur de l’Épître aux Hébreux. Et la première lecture nous rappelait la jubilation dont était capable le prophète Jérémie, pourtant davantage connu pour ses « jérémiades » …

 

Poussez des cris de joie pour Jacob,

acclamez la première des nations !

Faites résonner vos louanges et criez tous :

‘Seigneur, sauve ton peuple, le reste d'Israël !’

 

Nous tous qui sommes ici rassemblés, nous sommes invités à rendre grâces à Dieu pour la foi qui est la nôtre, pour la foi qui nous anime. Nous avons à témoigner auprès des autres, plus particulièrement auprès des plus jeunes, que la vie de foi vaut la peine d’être vécue. Que d’autres puissent nous dire un jour :

 

Je n’ai jamais vu son visage, mais toi qui Le connais, tu m’as parlé de Lui.

 

Que la participation à cette Eucharistie nous encourage à vivre et à témoigner de Jésus ressuscité et de la joie de croire en notre propre résurrection pour participer un jour au festin éternel dans les cieux.